Garantir l'accès des pauvres aux services sociaux de base

 

Femme tisserandeLa stratégie de réduction de la pauvreté au Niger repose sur trois (3) grands principes à savoir la prise en compte du genre, la redéfinition du rôle des différents intervenants et la promotion d'une bonne gouvernance.

Les présentes stratégies ainsi que les actions et mesures qui les sous-tendent seront mises en oeuvre sur la base d'un chronogramme précis établi pour la période du programme.

GARANTIR AUX PAUVRES L'ACCES AUX SERVICES SOCIAUX DE BASEEnfant d'un quartier défavorisé

Le développement des secteurs sociaux est l'une des priorités nationales du Niger. La faiblesse des indicateurs dans ces secteurs explique la place peu enviable qu'occupe le pays dans le concert des nations du point de vue de l'indice de Développement Humain. Aussi, pour améliorer les performances des secteurs sociaux, est il nécessaire de garantir l'accès des populations les plus démunies aux soins de santé, à l'éducation et à l'eau potable.

L'éducation

Le Président et la jeunesse nigérienneEn ce qui concerne l'éducation, elle constitue un atout indispensable devant permettre aux citoyens de progresser vers les idéaux de paix, de liberté, de justice sociale et pour aspirer au bien être et ainsi faire reculer la pauvreté. L'éducation est une construction continue de la personne humaine, de son savoir et de ses aptitudes aux fins de sa pleine participation au développement durable.

Pour lutter contre la pauvreté, le Gouvernement du Niger mettra en oeuvre, dans le cadre de l'éducation, des stratégies orientées vers : le développement de l'éducation de base qui constitue le niveau d'education le plus profitable à la nation, notamment aux populations les plus démunies; l'édification d'un système d'éducation capable de mieux valoriser les ressources humaines en vue d'un développement économique, social et culturel harmonieux du pays; le développement de capacités intellectuelles physiques et morales,; l'acmélioration de la formation en vue d'une insertion sociale et professionnelle et le plein exercice de la citoyenneté.

Le Programme Décennal de Développement de l'Education (PDDE) opte en particulier pour l'amélioration quantitative et qualitative de la scolarisation et de la foemation des couches sociales les plus démunies que sont les populations rurales et les femmes en particulier afin de lutter activement contre la pauvreté. Aussi, la priorité accordée à l'éducation de base se justifie.

Conscient que la mise en oeuvre des actions stratégiques ne pouvant pas être aisée dans un pays où les ressources sont limitées, le taux d'analphabétisme est élevé et où les faibles capacités d'encadrement sectoriel imposent des contraintes majeures, le Niger a entrepris de rechercher les meilleures solutions coût/efficacité par un choix rationnel de priorités d'investissement et de planification judicieuse des réformes à entreprendre.

EcoleIl s'agit, entre autres, de développer des partenariats pour enrichir les ressources du secteur de l'éducation (parents, communautés, collectivités territoriales, ONG, secteur privé, etc.) et créer les conditions d'une responsabilisation et d'une meilleure implication des communautés bénéficiaires des services d'éducation dans l'expression de leurs besoins et dans la mise en oeuvre des solutions préconisées.

L'eau et l'assainissement

La politique et les stratégies sectorielles que s'est fixées le gouvernement du Niger dans son Programme Hydraulique National (PHN) en matière d'eau et d'assainissement sont concrétisées par un programme à moyen (5 ans) et long (10 ans) termes dont les 4 axes prioritaires sont :

  • l'amélioration de la connaissance des ressources en eau, en vue de leur gestion, de leur protection et de la sauvegarde du milieu;
  • la satisfaction des besoins en eau des populations pour l'amélioration de la situation sanitaire et la prévention des nuisances liées à l'eau (AEP/Assainissement rural et urbain, protection anti-érosive contre les inondations et sécheresse et contre les maladies d'origine hydrique et les pollutions);
  • l'appui au secteurs de production (hydraulique pastorale, cultures pluviales, hydraulique agricole, pêche et pisciculture, industrie et mines, hydro-électricité, navigation);
  • l'adaptation du cadre institutionnel et juridiique (mise en place des unités de gestion de l'eau, mise en application du Régime de l'eau et des autres textes réglementaires relatifs à l'eau)
    transfert progressif des responsabilités des structures étatiques vers les collectivités locales et le secteur privé.

La santé, le VIH/SIDA et la population

La SantéPréserver les adultes de demain

La stratégie du secteur portera sur l'amélioration des conditions de santé des couches les plus vulnérables par :

  • l'amélioration de l'offre et de la demande ainsi que la qualité des services , des soins de santé des plus pauvres et de la réduction de la morbidité et la mortalité liée aux principales maladies;
  • le développement d'une politique équitable d'accès aux services et soins essentiels;
  • la création d'un environnement sanitaire adéquat et la promotion de l'information sanitaire;
  • la poursuite de la déconcentration des services de santé en vue d'une meilleure implication et une responsabilisation effective des communautés à la gestion des actions de santé;
  • l'accroissement de la disponibilité des ressources et la poursuite des revues des dépenses publiques pour évaluer les coûts et analyser leur incidence sur les bénéficiaires.

Le VIH/SIDA

En l'absence d'une politique nationale de lutte contre le VIH/SIDA, le gouvernement s'est engagé depuis 1999 et dans le cadre de la SRP, dans un processus de planification stratégique devant aboutir à la mise en oeuvre d'un plan stratégique national. Ce plan cherchera à corriger les insuffisances constatées jusqu'ici et qui se résument en l'absence de principes directeurs de politique nationale et de cadre législatif régissant la lutte; la méconnaissance de l'ampleur réelle de l'épidémie,; la non intégration de la prise en charge des IST aux SPT (stratégie plainte - traitement) des formations sanitaires; les problèmes de disponibilité et d'accessibilité des préservatifs; des messages d'IEC pas toujours adaptés au contexte socio-culturel ou stigmatisant et des canaux inadaptés de diffusion; l'absence ou l'insuffisance de l'implication des secteurs autres que la santé dans la lutte contre le SIDA (Ministères, Société Civile - Communauté, Projets et Programmes de développement, Unités de Production); la non prise en compte des aspirations des personnes vivant avec le VIH/SIDA et de leurs familles dans l'élaboration et la mise en oeuvre des programmes de lutte contre le SIDA; l'absence d'organisation de la prise en charge et de soutien socioéconomique aux personnes vivant avec le VIH/SIDA.

La stratégie visera l'accessibilité des formations sanitaires, l'intégration des services IST/SIDA. Il s'agira également de favoriser la coordination et la complémentarité des différentes interventions. La mise en oeuvre de la politique nécessitera l'implication des acteurs à tous les niveaux.

La Population

Aujourd'hui, le défi majeur est celui d'identifier les actions qui permettront de résoudre durablement la problématique actuelle d'un développement économique, social et culturel harmonieux avec une croissance démographique élevée; une situation sanitaire alarmante avec une population majoritairement analphabète; un environnement en dégradation permanente face à une situation économique non satisfaite.

Conformément aux conclusions de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement Durable (CIPD, au Caire en 1994) et aux orientations de la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement, le Programme dans le domaine de la Population s'inscrira dans le cadre de la SRP.

Dans cette perspective, la stratégie en matière de population visera essentiellement à :

  • la création des conditions permettant à tous les couples et individus de jouir d'une meilleure santé dans les domaines de la reproduction, y compris la maternité à moindre risque, la contraception, la santé sexuelle des jeunes et adolescents;
  • l'amélioration de la production et de l'utilisation de statistiques fiables, pour une prise en compte effective des interrelations entre populations et développement dans les stratégies de réduction de la pauvreté.

L'accès à l'eau potable

La volonté de faire face aux besoins en eau a conduit les autorités à adopter une politique basée sur les principes définis lors de la conférence sur l'eau et l'environnement tenue à Dublin (Irlande) en janvier 1999. Il s'agit de la mise en valeur et de la gestion intégrée des ressources en eau. Cette stratégie permettra de mettre en oeuvre l'une des décisions prises par le Sommet du Millénaire en matière de développement et d'élimination de la pauvreté qui consiste à "réduire de moitié", d'ici à l'an 2015 la proportion des personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable ou qui n'ont pas les moyens de s'en procurer.

L'amélioration de l'exploitation des ressources hydrauliques, il faut le rappeler, constitue l'objectif majeur. Ceci se fera à travers la maîtrise de la qualité et de la quantité de l'eau potentiellement disponible, la promotion de l'hydraulique villageoise, et le renforcement et l'amélioration des interventions dans le secteur.

Le Développement urbainNiamey, la capitale

L'urbanisation croissante des villes et l'augmentation des besoins en équipements impliquent une meilleure prise en compte du développement urbain dans la stratégie de lutte contre la pauvreté. Ces axes sous-tendent des mécanismes de travaux à haute intensité de main d'oeuvre et d'utilisation optimale des ressources locales. Ils devraient permettre d'une part de créer dans les plus brefs délais de nouveaux emplois temporaires dans les zones urbaines et d'autre part de réaliser des projets utiles au plan économique et social.

Pour la mise en oeuvre des objectifs ci-dessus, les stratégies suivantes ont été retenues :

  • la mise en place d'un cadre institutionnel adéquat et amélioration de l'armature urbaine;

  • l'élaboration d'une politique de logements sociaux;

  • l'élaboration et la mise en oeuvre des schémas directeurs d'assainnissement et d'élimination des déchets.